Projet de création d’une 3 ème liaison sous marine 90 000 volts entre la France et Jersey
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Des enquêtes publiques conjointes  diligentées par le Préfet de la Manche viennent de se terminer, le 21 juillet 2012 : elles portent sur un projet de création d’une 3ème liaison  électrique  de 90 000 volts entre la France ( Pirou- Armanville-  post électrique de Périers en souterrain) sous maîtrise RTE et JERSEY, baie de Grouville, sous marine, sous maîtrise d’ouvrage Jersey Electricity pic.
Le CRILAN  a demandé au commissaire enquêteur de donner un avis défavorable pour les raisons principales suivantes :
1. Bien que les îles anglo-Normandes s?en dispensent souvent, les exigence européennes en matière de production d?électricité sont essentiellement aujourd?hui dans les économies d?énergie et le développement des énergies renouvelables.

2. Le refus de JERSEY de se doter d?éoliennes, productrices d?électricité sur son propre territoire, ne peut se justifier par des risques qui leur seraient liées et par l?absence hypothétique de risques liés au nucléaire.

a) Le risque accidentel, avéré depuis Tchernobyl et Fukushima, n?est pas exclu en Cotentin, à la     centrale nucléaire de Flamanville déjà   productrice d?électricité pour les îles anglo-Normandes et où     se construit le prototype nucléaire EPR.
b) La gestion des combustibles irradiés sur le site de Flamanville et à l?usine de la HAGUE  rend le golfe Normano-Breton, donc les îles, sensible aux attentats du type 11 septembre 2001  ( Survol avéré de lignes aériennes).
c) Les rejets liquides et gazeux, radio-actifs et chimiques, en fonctionnement non accidentel, touchent l?ensemble de la Région, au gré des courants et des vents, quelles que soient les limites nationales.

3. Comme le souligne une récente commission d?enquête du Sénat, (http://www.senat.fr/commission/enquete/cout_electricite/index.html) les coûts du kW nucléaire évoqués actuellement devront être réévalués d?au moins 50% d?ici 2020, compte tenu des coûts recherche, investissements, relance pour la construction de nouveaux réacteurs, allongement de la durée de vie des réacteurs existants, remplacement de pièces usées et défectueuses comme les générateurs de vapeur, investissements post-Fukushima, démantèlement, stockage des résidus et déchets. Ils sont si considérables qu?ils atteignent les niveaux du coût éolien, qui eux, proportionnellement diminuent. De plus, le coût de la mise en place des câbles de liaison maritime et terrestre est à ajouter.
Tout ceci aurait dû être pris en compte pour justifier du choix effectué pour fournir l?électricité aux îles , en toute transparence et sans tromperie.

4° Enfin , pour l?avenir, le Nord Cotentin, avec EDF, envisage d?avoir recours aux fortes marées et aux forts courants du Raz BLANCHARD entre les îles et la côte Normande pour développer la production d?électricité par hydroliennes. Pourquoi les îles ne s?associent-elles pas à un tel projet innovant?

Il est paradoxal que les îles, souvent si soucieuses de leur autonomie, n?aient pas l?intention de se doter de réelles solutions locales décentralisées, dont les risques n?ont rien de comparables à ceux du projet choisi.



Mis à jour ( Vendredi, 27 Juillet 2012 14:21 )